Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Silence, on fait campagne ! par Mustapha Hammouche

Publié par The Algerian Speaker sur 11 Décembre 2013, 15:23pm

Catégories : #Les chroniques de Mustapha Hammouche

Dans deux procès successifs — une affaire de trafic de cocaïne jugée à Alger et une autre relative à l’assassinat d’un militant politique à Oran — des allégations de tortures ont été émises. On observe que la dénonciation reste invariablement sans effet sur le cours du procès et ne suscite aucune réaction des services incriminés. Leurs hiérarchies respectives réagissent en ne réagissant pas ; c’est peut-être, là, la même meilleure manière de laisser passer l’averse localisée et passagère. Les témoignages d’accusés et les objections de leurs défenses ne semblent pas suffire à reposer la question du recours aux sévices corporels dans les enquêtes criminelles.
L’on ignore si la torture a un jour cessé d’être pratiquée dans notre pays. Mais s’impose à nos yeux le fait qu’un processus de remise en cause des quelques acquis en matière de droits de l’Homme est méthodiquement conduit au niveau législatif. Les lois dites “de réforme”, notamment les textes concernant le droit des associations et l’information, sont l’expression de cet effort de restauration du huis clos sur les agissements répressifs du pouvoir. D’ailleurs, le verrouillage des libertés d’association et d’information ne peut pas avoir d’autres motifs que celui d’assurer l’opacité aux pratiques condamnables d’un pouvoir.
Sous le couvert de prévention de l’ingérence étrangère, la loi sur les associations a éliminé tout contact de militants locaux avec les ONG universelles et assuré la discrétion internationale à tous les dépassements dans le domaine des droits civiques, politiques ou sociaux. Quant à la loi sur l’audiovisuel, elle complètera le dispositif de contrôle de l’information sur la réalité de la pratique nationale en matière politique, de justice, d’administration, etc.
Même la corruption bénéficie de l’effet protecteur de la législation répressive à l’encontre des libertés d’expression, d’association et de rassemblement. La gestion arbitraire du droit à la manifestation permet ainsi au pouvoir d’interdire la commémoration publique de la journée dédiée par la communauté internationale à la lutte contre ce fléau. Avec la prohibition de toute manifestation sur la voie publique, dans la capitale en particulier, les autorités s’assurent une espèce d’insonorité du peuple algérien. Ceux qui ne sont pas réduits au silence par les procédés rentiers, le seront par des méthodes répressives.
Ceci est le résultat d’une œuvre soutenue de confiscation des droits politiques et sociaux des Algériens. Alors même qu’il est question — depuis bientôt… trois ans ! — de “réformes” politiques, c’est l’étau autoritariste qui se referme sur eux, mettant leurs droits citoyens, et même humains, dans un état de complète précarité et les délestant du minimum d’instruments de protestation.
Le contexte pré-électoral est en train d’accélérer le mouvement de normalisation aphone. Le principe étant que l’on n’entende plus que le discours auto-glorificateur. Un discours qui impose une représentation virtuelle d’un pays en développement économique et social et en béatitude démocratique. Même les scandales de corruption, concernant des montants faramineux, sont mis en instance silencieuse jusqu’après le passage du gué. Silence sur tout ce qui dérange !
Ainsi va l’état des droits de l’Homme… algérien.


M. H.
musthammouche@yahoo.fr

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents